La dépression

Publié le par Opale

Dimanche de Pâques.

Hier a été une journée difficile, passée au lit, mais tu t'es dit qu'allez, aujourd'hui tu parviendrais à ranger un peu, à t'occuper, voire à te faire plaisir.

Malheureusement à peine réveillée tu sens que la journée sera identique ou pire, tu sens ce néant, cette absence d'envie, de vie, de volonté.

Tu te lèves , tu prends quand même un petit déjeuner pour avaler la pilule magique censée éloigner d'ici quelques jours toutes ces idées noires . Ton petit déjeuner tu le prends sur cette table où tu n'as plus de place, où s'accumulent vaisselle, pots de yaourts et autre.

Tu pourrais jeter, laver, alors pourquoi tu ne le fais pas ? Tu ne sais même plus, tu ne peux plus.

Un petit tour sur l'ordi et tu te dis qu'allez, un petit effort et tu vas prendre ta douche, un "coup de pied au cul" devrait suffire comme disent tant de gens. Mais non, ça ne suffit pas et tu restes là, engluée dans ton incapacité . Tu te débats dans ta tête entre découragement, honte de toi, coups de pieds au cul psychiques, rien n'y fait.

Tu tournes et tournes et forcément tu penses, que tu es seule, que c'est un long week-end, que c'est de ta faute puisque de toute façon non seulement tu ne sais pas aller vers les autres mais qu'en plus tu ne donnes jamais de nouvelles.

Tu n'oublies pas ceux que tu aimes mais tu es fatiguée de leur mentir quand tu dois donner des nouvelles alors tu n'en donnes plus . Tu ne te vois pas appeler un ami pour dire que tu n'en peux plus, que mourir serait une chouette option . A quoi bon inquièter quelqu'un pour rien alors que tu n'aurais jamais le cran de passer à l'acte, toi qui as si peur de la mort, une telle peur d'ailleurs qu'elle t'empêche de vivre.

Les pensées tournent et tournent, tant pis tu vas les arrêter quelques heures, tu sais que ce n'est pas l'idéal, tu sais que c'est trop même si ce n'est pas très grave, tu prends 5 xanax de 0.25 et tu te couches .

Tu dors enfin même si tu ne tarderas pas au bout de 2 h à te réveiller, puis à somnoler une bonne partie de la journée, en ayant le temps de regretter, de te dire que franchement tu es conne d'ainsi gâcher ta journée, ta vie, de passer à côté de tout. Pourtant tu ne peux pas, vraiment, tu repenses à aller te doucher, tu ne peux pas, tu redors en te disant que vers 18h tu prendras ta douche et tu iras à l'épicerie, il faut bien manger quelque chose ce soir et tu n'as le courage de rien.

Tu te réveilles, tu jettes un oeil à ton portable et au petit oiseau bleu qui te donne des nouvelles de tous ces gens que pour beaucoup tu admires, leur métier, leur combat, leurs activités, leur lutte pour rester en vie. Et toi tu es là à ne rien faire , et tu as honte.

Tu te lèves et tu n'es toujours pas capable d'aller te doucher, de sortir juste chercher une pizza. Tu n'as pas mangé ce midi tu as un peu faim, il reste trois petites tartines tu te les fais, ça suffira et sinon tant pis pour toi.

Tu regardes dehors, le ciel s'est dégagé, la vue est belle devant chez toi comme chaque jour et pourtant tu sens une vitre infranchissable entre toi et le monde.

Tu te demandes si tout ça vient vraiment de ton passé en enfer, c'est vraiment trop facile de tout mettre sur le dos de Taré 1er , aussi fou soit-il, aussi grave soit ce qu'il t'a fait.

Il doit y avoir autre chose, quelque chose qui cloche chez toi, tu n'es pas une battante, tu es une loque que tu détestes et que tu vois agir, ou plutôt ne pas agir. Tu sais que tu es la seule capable de te rendre heureuse, de te donner le bonheur, d'améliorer ta vie, on te le répète assez, et ça te culpabilise assez aussi.

Tu le sais mais tu ne peux pas, tu es engluée, il paraît que tu es malade, dépressive, et franchement tu as du mal à y croire, tu ne vois que ton incapacité, ta nullité, tu ne vois que ce respect que tu as pour les autres qui eux avancent dans leur combat contre la maladie ou simplement pour changer de vie.

Tu vas sûrement bientôt te recoucher, en croyant que demain tu vas y arriver peut-être, mais surtout en ayant pas envie qu'il y ait un demain.

Tu les comprends . http://poemes-d-opale.over-blog.com/article-18345467.html

 

 

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Lisa 22/11/2014 20:01

Bonjour, je suis contente que vous teniez un blog car il doit vous faire du bien (?).

Essayez de se fixer des mini buts dans la journée. Je ne déroge pas à la règle de marcher 30 minutes dans la nature, ça fait un bien fou. Tenez bon, si vous avez des envies suicidaires, appelez un de vos proches, c'est très important. Si vous ne vous en sentez pas capable, tentez de poster ici , bon courage à vous.

ANNA 12/06/2014 18:52

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PENSEES SINCERES

elise 22/04/2014 19:28

J'ai bien connu ces états où ne peut pas.
Ca a fini par passer.

Une chose qui m'a aidée : se fixer de tout petits buts : laver 1 tasse et non tout, se débarbouiller au gant plutôt qu'1douche et ainsi de suite , un jour à la fois, une heure ou une minute à la fois.
Essayez de ne pas lâchez sur les fondamentaux : se lever quitte à rester assise, se laver, manger, dormir normalement.
Il serait bon d'avertir votre médecin de vos abus médicamenteux et éventuellement d'envisager avec lui une hospitalisation pour reprendre pied dans le quotidien.
Je vous envoie de douces pensées et un peu d'énergie.