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Oublier..

Publié le par Opale

4h du matin...à peine réveillée les mots se bousculent "personnalité narcissique" "mythomanie" "perversion de situation"

 

C'est de toi qu'on parle, toi avec qui j'ai vécu pendant 16 ans. C'est trop violent et encore une fois j'ai peur de devenir folle, je me sens emportée par ta folie, et par cette réalité qui est que j'ai vécu avec toi, subi cette "folie" qui n'en est pas totalement une puisque tu es responsable de tes actes.

 

Tout se bouscule, passé proche, passé lointain, la confrontation, tes déclarations, ma vie avec toi.

Je n'arrive pas à supporter l'idée de t'avoir subi tant d'années, sans même parler des abus il y a ce contexte si fou, si invraisemblable...

 

Hier un ami m'a dit quelque chose qui m'a beaucoup touchée, émue, c'est que pendant longtemps on pouvait penser que mon ressenti était amplifié par le traumatisme, mais que maintenant tout le monde réalise que vraiment, vraiment j'avais raison quand je le décrivais, quand je disais que devant les flics il n'en aurait rien à foutre, quand je décrivais le personnage et son monde si irréel.

 

J'essaye de m'échapper, de fuir, mais ta folie me rattrape, toutes ces années, tout ce que j'ai entendu, que je m'en souvienne ou non.

Tout était si fou, si irréel, si effrayant. Bien sûr tu faisais peur quand tu buvais car cela décuplait ta violence, tes insultes, bien sûr tu étais terrifiant quand saoûlé au rhum tu as forcé ma mère à m'avouer que mon père décédé n'était pas mon père biologique.

 

Mais même sobre, tu es resté dans cette folie, dans ta mythomanie, dans ton narcissisme. Je ne sais pas vraiment à quoi tu crois dans ce que tu racontes. Tu n'as pas parlé aux flics ou à la juge de la légion étrangère, de tes soi disant compositions pour Clayderman, mais l'expert psychiatre a dû t'interroger là-dessus pour qu'il finisse par en conclure à la mythomanie.

 

Le moindre mot sur toi et je bascule, je ne parviens pas à prendre du recul, tu es trop imprévisible et moi trop fragile, je ne sais jamais ce que tu vas dire, je te savais fou pourtant mais jamais je n'aurais pu imaginer ce que tu as déclaré aux flics ou à la juge.

Ca va crescendo à chaque fois, et à chaque fois les gens à qui je raconte sont là, incrédules, ils me croient mais sont perdus devant ce personnage que tu es.

 

Tout se mélange mais ce qui me fait boire encore et toujours la tasse c'est savoir que j'ai vécu avec toi...Comment peut-on avoir si mal de quelque chose qu'on sait depuis toujours ?

 

La phrase de ma psy repasse souvent "heureusement qu'il est arrivé vers vos 8 ans, il serait arrivé vers vos 3 ans vous seriez probablement psychotique à l'heure actuelle".

Ca a le mérite d'être clair mais ça fait mal.

Je n'arrive pas à empêcher mon cerveau de chercher une logique dans tout cela, je m'épuise comme je dis souvent à vouloir faire rentrer un rond dans un carré, je m'épuise, j'y perds mes forces mais je n'arrive pas à lâcher.

 

J'ai peur car je sais que je risque d'être confrontée une deuxième fois à toi. J'ai peur car je sais que si procès il y a, jusqu'au bout tu t'amuseras, peu importe qui tu auras en face, avocats, procureur...et ça sera insupportable.

 

J'ai peur car le moindre écrit à ton sujet et je me sens attirée comme un aimant, happée vers ce monde irréel dans lequel j'ai vécu avec toi et auquel par miracle j'ai survécu sans devenir folle. Mais aujourd'hui j'ai peur, peur de basculer, de "décompenser" comme dit ma psy.

 

Je voudrais oublier, ne pas savoir, ne rien savoir. Je voudrais que tout soit faux et que tu n'existes pas. Je voudrais ne pas savoir que maman a cru à tes délires et que comme m'a dit ma psychologue la seule personne qui aurait pu m'aider à voir où était la réalité ne l'a pas fait.

 

Tu es si près, tu peux si facilement m'emporter dans ta 4ème dimension.

J'ai tellement peur de basculer, tellement peur...

 


Creative Commons License
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.

Publié dans émotions en vrac...

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Plongée

Publié le par Opale

Qui pourrait comprendre si je ne comprends pas vraiment moi-même ce qui se passe quand je plonge aussi soudainement que violemment ?

 

Je les vois rarement venir ces plongées en eaux troubles, dans les abysses .

 

Soudain il n'y a plus rien que du noir, du sombre, du gris et l'envie de tout arrêter.

Vie au ralenti, incapable de sortir, incapable de s'occuper d'un appart' qui frôle le taudis avant que je le sauve in extremis de la catastrophe , incapable de ranger, de chanter, incapable de vivre tout simplement.

 

Des eaux sombres, des souvenirs glauques et la question entêtante du "à quoi ça sert de se battre encore ? " , la tentation de tout laisser tomber, d'abandonner puisque même en ayant avancé je ne me sens pas mieux alors à quoi bon ?

 

Presque 10 ans que l'avenir m'a fui, presque 10 ans que je ne sais pas ce que ça veut dire aller bien pendant une semaine d'affilée.

 

Si je ne dis rien, on n'y voit que du feu, si je sors et que je croise quelqu'un il me trouve de très bonne humeur, toujours souriante .

Je pourrais me taire et personne ne saurait jamais ce qui se passe dans ma tête, personne ne m'imaginerait demander à mon père de venir me chercher pour m'emmener "là-haut" avec lui , personne ne saurait que j'ai parfois l'impression de devenir cinglée, comme il y a deux jours où je voulais sincèrement vider frigo et congélateur pour ne plus jamais manger..

 

Rien ne se voit si je me tais, je ne suis pas anorexique, pas boulimique, je ne me scarifie pas, je n'ai pas d'insomnies, j'ai le traumatisme "discret" .

Fatigue, lassitude d'avoir encore des choses à dire, à vomir, à hurler, moi qui parle si bas que parfois ma psy me demande de poser ma main pour qu'elle puisse "au moins lire sur mes lèvres" 

 

Je ne comprends pas à quoi ça sert, je ne sais pas pourquoi je me bats, je n'ai jamais ressenti le moindre espoir . Je peux pourtant lire un peu partout des témoignages de victimes s'en étant sorties, mais jamais, jamais ça ne m'a aidé à espérer.

J'ai continué jour après jour, d'abord pour ne pas infliger à ma mère la douleur de perdre un deuxième enfant, ensuite par peur de la mort, puis enfin plus récemment uniquement par peur de me rater et de finir en fauteuil...On a connu mieux comme raison de vivre.

 

Et voilà que ces derniers jours c'est une nouvelle plongée en eaux troubles...pour plein de raisons je suppose, entre l'échec à un concours, le trop plein de stress d'une procédure judiciaire qui me détruit à petit feu, la perspective d'une deuxième confrontation qui me rend malade, l'idée de reprendre le boulot que je déteste avec mon masque si efficace du sourire et de la bonne humeur..la pire période de l'année qui arrive à grands pas..

 

Faire quoi ? Se dire que ça va passer et qu'il faut serrer les dents en attendant ? 

Renoncer à se battre et faire une connerie ? 

Se faire hospitaliser en sachant que je serai bien incapable de parler aux soignants et que pour ce que j'en ai connu, les cliniques psys ne m'ont laissé qu'un goût bien amer ? 

Rassurer les gens parce que de toute façon je vais "tenir" , parce qu'il le faut, même si un jour ça ne va pas prévenir entre "je suis debout" et "je suis à terre" ?

 

Je ne sais pas, je suis fatiguée et j'ai surtout honte d'aller mal, honte d'en être encore là. J'ai avancé et je le sais, mais je n'ai rien construit et je n'ai aucun moteur de vie, rien qui me donne envie de me lever le matin, rien qui me fasse trouver la vie belle.

 

 

 

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Publié dans émotions en vrac...

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Cauchemar

Publié le par Opale

Je me demande ce qu'elles imaginent ces personnes qui croient qu'on peut arrêter de penser à "ça" d'un coup de volonté.

Elles croient qu'il y a un bouton on/off dans notre cerveau ? On je pense au passé, off je suis bien dans le présent ? Si elles trouvent le moyen je suis preneuse.

 

Chaque fois que j'entends qu'il faut tourner la page, passer à autre chose , décider de le faire etc etc, j'ai envie de gueuler "et les cauchemars tu en fais quoi ? On décide de faire des cauchemars peut-être ?" 

 

J'ai plutôt de la chance, je n'en fais pas tant que ça.

Mais pourtant voilà, un cauchemar ça peut être une journée de plombée.

 

Tu étais là cette nuit dans mon cauchemar. Ce n'est déjà pas agréable à la base, mais quand ce cauchemar ressemble trait pour trait à un vrai souvenir d'abus, et tant qu'à faire sur un thème sensible où reste un soupçon de culpabilité, rien qu'un soupçon mais suffisant pour pourrir la vie , alors là oui la journée est "foutue" ou en tout cas dure à gérer.

 

Et je culpabilise d'en être encore là, de me dire que demain j'en parlerai à ma psy, mais que ça veut dire que j'ai encore besoin de parler des faits en eux-mêmes, que c'est pas réglé, pas digéré, pas tout à fait en tout cas.

 

Un cauchemar et le fil de la pelote de laine est tiré et amène les autres souvenirs avec lui, et on repart pour un tour à tenter d'y échapper. Par chance pas de flash-backs et de reviviscences chez moi, et pourtant c'est déjà pénible.

Le fil se tire et ces 6 ans d'abus quotidiens défilent, accompagnés par les derniers évènements de la procédure, par lui qui passe la porte lors de la confrontation, par l'avocate et la juge qui discutent ensemble devant moi du pourquoi de tel souvenir précis comme si elles discutaient chiffons, ou comme si je n'étais pas là.

 

Ca m'énerve, contre moi, contre toi qui es encore là malgré ton absence, ça m'énerve contre ce que tu as réussi à faire même si je lutte chaque jour qui passe pour te remettre à ta place et définitivement dans le passé.

 

Que ceux qui pensent vraiment qu'il existe un bouton on/off m'en fassent part. Je suis preneuse, vraiment.

Et qu'ils n'oublient pas de l'installer ensuite sur eux, pour éteindre leur connerie.

 


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