Cauchemar

Publié le par Opale

Je me demande ce qu'elles imaginent ces personnes qui croient qu'on peut arrêter de penser à "ça" d'un coup de volonté.

Elles croient qu'il y a un bouton on/off dans notre cerveau ? On je pense au passé, off je suis bien dans le présent ? Si elles trouvent le moyen je suis preneuse.

 

Chaque fois que j'entends qu'il faut tourner la page, passer à autre chose , décider de le faire etc etc, j'ai envie de gueuler "et les cauchemars tu en fais quoi ? On décide de faire des cauchemars peut-être ?" 

 

J'ai plutôt de la chance, je n'en fais pas tant que ça.

Mais pourtant voilà, un cauchemar ça peut être une journée de plombée.

 

Tu étais là cette nuit dans mon cauchemar. Ce n'est déjà pas agréable à la base, mais quand ce cauchemar ressemble trait pour trait à un vrai souvenir d'abus, et tant qu'à faire sur un thème sensible où reste un soupçon de culpabilité, rien qu'un soupçon mais suffisant pour pourrir la vie , alors là oui la journée est "foutue" ou en tout cas dure à gérer.

 

Et je culpabilise d'en être encore là, de me dire que demain j'en parlerai à ma psy, mais que ça veut dire que j'ai encore besoin de parler des faits en eux-mêmes, que c'est pas réglé, pas digéré, pas tout à fait en tout cas.

 

Un cauchemar et le fil de la pelote de laine est tiré et amène les autres souvenirs avec lui, et on repart pour un tour à tenter d'y échapper. Par chance pas de flash-backs et de reviviscences chez moi, et pourtant c'est déjà pénible.

Le fil se tire et ces 6 ans d'abus quotidiens défilent, accompagnés par les derniers évènements de la procédure, par lui qui passe la porte lors de la confrontation, par l'avocate et la juge qui discutent ensemble devant moi du pourquoi de tel souvenir précis comme si elles discutaient chiffons, ou comme si je n'étais pas là.

 

Ca m'énerve, contre moi, contre toi qui es encore là malgré ton absence, ça m'énerve contre ce que tu as réussi à faire même si je lutte chaque jour qui passe pour te remettre à ta place et définitivement dans le passé.

 

Que ceux qui pensent vraiment qu'il existe un bouton on/off m'en fassent part. Je suis preneuse, vraiment.

Et qu'ils n'oublient pas de l'installer ensuite sur eux, pour éteindre leur connerie.

 


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Publié dans émotions en vrac...

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