Chantier

Publié le par Opale

Je regarde le chantier autour de moi. On dit souvent que le désordre reflète notre désordre intérieur...Je ne sais pas si c'est vrai, mais hélas ça y ressemble. Un vrai champ de bataille , dans l'appartement comme dans ma tête.

Ca n'est pas faute de croire sincèrement jour après jour que je vais enfin y arriver, remettre tout cela à jour (l'appart) et enfin revivre dans un environnement agréable. Mais non, des mois que je lutte, et toujours l'échec au bout.

L'échec, la honte, l'impossibilité de demander de l'aide.

Ça va bien effectivement avec ce qu'il y a dans ma tête, l'échec, la honte.

 

Jour après jour je m'enfonce dans ce dégoût de moi, de tout, de ma vie, de mon corps, de mon poids. Jour après jour la dépression gagne et sans cesse, sans arrêt je me sens de plus en plus nulle , plus je vais mal, plus je me sens nulle. Cercle vicieux.

 

Te mettre ça sur le dos, oui pourquoi pas...mais ça changera quoi ?

Ok c'est à cause de toi que je me déteste, ok c'est à cause de toi que je me sens nulle, ok c'est à cause de toi que je ne connais pas la sécurité, la paix.

Et alors ? C'est ma vie maintenant, c'est moi qui dois me prendre en main, donc si je n'y parviens pas, c'est bien qu'il y a un problème et qu'il vient de moi.

 

Chantier dans la tête, chantier de questions, chantier de souvenirs.

Penser à autre chose...aujourd'hui je n'ai pas réussi, pas après avoir rêvé de toi cette nuit, rêvé de tes actes.

Ne plus penser, prendre 3 xanax dès 9h du matin, se dire que vraiment je suis nulle, que vraiment je ne fais rien de ce qu'il faut, que je ne fais aucun effort.

 

Dans les moments de lucidité je me dis que forcément il va bien falloir que je finisse par accepter un anti-dépresseur, mais ça me semble encore insurmontable.

Toujours ce parallèle à la con que fait mon inconscient, entre l'action de ce médicament sur mon cerveau et tout ce que tu as fait de moi, tout ce que tu as su diriger, maîtriser sur mon corps.

 

Je me hais chaque fois un peu plus quand j'entends qu'il faut aller de l'avant, essayer, voir l'avenir. Je le sais tellement, je le pense tellement, et je n'y parviens tellement pas.

 

Je me sens toujours engluée à toi, collée à toi, prise dans ta toile d'araignée et encore plus depuis qu'une nouvelle fois nous nous sommes retrouvés dans la même pièce.

Ma tête et mon coeur sont en ébullition, tant de questions, tant d'émotions, tant de contradictions.

Je ne peux pas croire que tu as oublié, je ne veux pas y croire.

Je suis fatiguée de toi, usée de toi. Tu hantes mes pensées sans arrêt, tu es là en filigrane dans ma vie même quand je ne pense pas à toi.

 

Non je ne suis pas forte, pas courageuse non.

Je vis, je survis, parce que finalement ça serait trop con de se foutre en l'air, de se rater et de se retrouver en fauteuil. On a connu mieux comme motivation de vie : le risque de se rater.

 

Je suis la seule à pouvoir changer tout cela et ça me culpabilise d'autant plus.

 

Chantier, dans l'appartement, dans ma tête.

Chaque recoin plein de désordre , chaque recoin plein de poussière, dans l'appart et dans mon coeur.

 

Je n'en peux plus de toi, je n'y arrive pas, je te revois sans cesse ce jour là, je vois cette absence totale de prise sur toi. Les flics tu t'en fous, la garde à vue, tu t'en fous. C'est effrayant.

Et moi, bien sûr tu t'en fous. Je croyais ne plus rien attendre de toi, mais le vivre, toucher du doigt ton indifférence, voir à quel point tu t'en fous de mes larmes, de ma souffrance, de ce flic qui égrène tout ce que tu m'as fait.

J'ai beau me dire et me répéter que même si je ne suis rien pour toi, je suis pourtant quelqu'un, ça fait mal.

Tu aurais pu, tu aurais dû être un beau-père normal...Tu aurais dû encore plus qu'un autre t'occuper de moi, moi qui venais de perdre mon frère puis mon père.

 

J'ai si mal pour l'enfant que j'étais de réaliser que je t'ai aimé, que j'ai espéré tant et tant. Je me souviens tellement de cette soirée où à 12 ans je t'ai ouvert mon coeur, où j'ai pleuré en te disant à quel point on pourrait être heureux à trois si tu faisais quelques efforts.

Tu écoutais pour une fois, pourtant un peu ivre. Tu as écouté, tu as dit qu'on allait essayer.

Je suis partie me coucher et je t'ai entendu parler seul et dire "qu'elle est con cette gamine".

 

Je n'en peux plus de toi.

Tu as mis le chantier dans ma vie, dans ma tête. Je suis en ruines, en travaux...

Il faudrait balayer, c'est trop noir dans ma tête.

Ca devient dangereux.

Chantier interdit au public.

 


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Publié dans émotions en vrac...

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cazeneuve 29/07/2012 18:25

Je peux vous aider. Mon analyse fine et impitoyable envers la pédophilie et l’inceste que j’ai supportés à travers ma propre famille, le vécu d’une enfance douloureuse remplie d’humiliations. La
perte d’un enfant, la malchance de toute une vie. Mon chemin de croix… Je veux aujourd’hui mettre fin à ce vécu, il faut que je parle de mes bourreaux, je suis un individu et j’existe ! Lisez mon
livre que je viens tout juste d’éditer «l’enfer vécu de l’intérieur » édition Praelego disponible sur plusieurs sites et librairies, il peut vous aider. Amicalement Chantal

Jojo 18/07/2012 13:00

Coucou
Je suis en train de prendre des solutions radicales en ce moment pour mon avenir :) très difficiles mais plus le choix, si je veux pas me briser complètement ^^
Cest cool tu pars bientôt ça va te faire du bien. Faut s'accrocher au présent :)
Si tu as Facebook, tu peux me parler dessus ce sera plus simple. Je sais pas si je vais pouvoir revenir sur Twitter :s
Bisous

Opale 08/07/2012 18:50

Pars ma puce, c la seule chose à faire, rends toi la vie..

M.L. 27/06/2012 01:13

Bonjour Opale,
J'aimerais trouver le mot clé qui pourrait par magie vous aider !
Ne tournez pas autour des antidépresseurs et des tranquillisants. Prenez les. Le temps qu'il faut. Les médicaments de ce genre sont utiles dans des conditions comme la votre. Ils aident à se
détacher un peu du problème central, à le voir sous un autre angle, d'un autre point de vue, à en faire quelque chose de supportable, qui vous permette de prendre une autre direction, de donner du
sens, non pas à ce qui vous a gâché votre adolescence, mais à votre vie actuelle et future. Ne vous dites pas que cette chimie n'a pas d'intérêt. C'est justement quand elle est justifiée qu'elle
prend tout son intérêt positif pour avancer dans les embuches psychiques.
Je vous connaissais sur twitter, c'est ma première visite sur votre blog, je reviendrai prendre de vos nouvelles régulièrement.

Ariana Dumbledore 26/06/2012 00:49

Non, Opale,tu n'es pas "con" (ou conne, peu importe).
Tu es blessée. Et peu importe si tu es désordonnée. Ca ne compte pas. ce qui compte, c'est toi.