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4 articles avec mon agresseur

Mauvais anniversaire !

Publié le par Opale

Tu as 66 ans aujourd'hui.

Tu vois je pense à toi . Je pense à toi pour te souhaiter de tout mon coeur, de toutes mes forces, un mauvais anniversaire .

Comme je le disais il y a quelques jours, puisque cette année ton anniversaire tombe le jour de la fête des grand-mères, tu devrais rejoindre la tienne, si, vraiment crois-moi, personne ne te regrettera.

J'ai un cadeau pour toi cette année . Bon je sais tu disais qu'il n'y a pas besoin de dates spéciales pour faire des cadeaux . Tu avais juste oublié de préciser que c'est parce que tu ne fais jamais de cadeaux.

Faire un cadeau à qui hein ? A tous ces cons qui sont tous inférieurs à toi, non bien sûr.

Bref je te disais j'ai un cadeau . Je t'offre ma haine et mon envie de me venger . Profites-en bien, c'est tout neuf, et ça ne durera pas, ça laissera place au seul sentiment que tu mérites réellement : l'indifférence .

Si tu ouvres ton cadeau tu verras que ces temps-ci ça bouillonne en moi, des sentiments nouveaux apparaissent, je me mets parfois à te détester mais aussi il faut bien le dire à avoir envie que tu souffres . 

Tu vois ça ne me ressemble pas, alors j'ai craint au début de devenir comme toi, je n'acceptais pas ces sentiments dont j'avais tant entendu parler.

Mais on m'a dit, expliqué que ces sentiments sont normaux, que c'est une étape sur mon chemin, qu'il est normal et même sain d'avoir à un moment donné envie de détruire celui qui a détruit mon enfance et bousille encore ma vie des années après.

J'ai encore du mal à accepter, preuve au final que je ne suis pas et que je ne serai jamais comme toi . Toi tu ne cherches pas à savoir si tes pensées sont bonnes ou mauvaises, tu passes à l'acte et l'autre devient ton objet , ton défouloir, ou encore ta poupée.

Je ne serai jamais toi car je ne mettrai jamais mes pensées à exécution.

Mais puisque c'est ton anniversaire et que c'est ton cadeau, ça serait dommage de ne pas tout te dire non ?

Te dire comme je bouillonne et comme j'ai envie que tu aies aussi peur et aussi mal que tout ce mal que j'ai ressenti . Que tu sois aussi humilié que maman et moi l'avons été.

Tu sais il y a deux jours, un truc complètement banal passait à la télé, et ça m'a rappelé cette nuit où par simple envie de domination et de pouvoir, tu avais décidé de mettre maman à genoux en lui tordant les poignets pour qu'elle n'ait pas d'autre choix que d'obéir.

Le "à genoux" dit pour rire dans l'émission de télé m'a renvoyé ta voix , ta voix de mec bourré et sûr de lui dans la nuit, et le cri de maman, après lequel je suis arrivée dans la salle pour arrêter ça .

Je me souviens du "espèce d'ordure" que j'ai prononcé, si bas que tu n'as pas pu l'entendre . Je me souviens comme je te haïssais à cet instant précis . 

Ce passage banal à la télévision m'a donc renvoyé à toi, espèce d'ordure oui et j'ai bouillonné, fort, très fort . J'ai eu envie, tellement envie que quelqu'un de plus fort que toi te fasse la même chose, t'humilie, te mette à genoux.

J'ai eu envie de toutes mes forces que quelqu'un te fasse mal, te fasse peur, que tu sois obligé de supplier pour qu'il arrête.

J'ai eu envie de te torturer pour que tu me demandes pardon, et de te laisser crever sans t'accorder ce pardon.

Il te plaît mon cadeau j'espère ?

Parce que tu vois, il est provisoire, ma haine s'apaisera alors que toi tu resteras éternellement pervers .

Ma haine s'apaisera et mon plus beau cadeau un jour, celui que je me ferai à moi, sera de me foutre de savoir si tu es mort ou non.

L'indifférence, oui c'est vraiment tout ce que tu mérites.

 

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Publié dans Mon agresseur

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Là d'où je viens...

Publié le par Opale

Là d'où je viens il y a cet homme .

Il boit, il fait peur, il empêche de dormir.

Là d'où je viens il y a cet homme.

Ses mains franchissent l'interdit.

 

Mais il n'y a pas que cela.

Là d'où je viens cet homme est fou . Il dit tant et tant de choses qui se perdent dans ma tête d'enfant . Des choses bizarres, des choses effrayantes, des choses semblant impossibles , des choses, des choses, ça déborde de ma tête.

Il dit des choses que maman croit, ma pauvre maman si naïve et paumée, apeurée aussi.

 

J'ai grandi, j'ai porté plainte contre l'homme fou, bientôt je vais le revoir et subir à nouveau sa folie . J'ai peur encore une fois de me sentir emportée par son monde, peur de ses phrases, de ses comportements imprévisibles et tellement inimaginables qu'ils dépassent ma pensée, et me laissent là, sans possibilité de réfléchir.

 

Bien sûr ma psy m'a dit que non je ne deviendrais pas folle mais j'ai si peur, j'ai encore gravée en moi cette première confrontation, cet effondrement et toutes mes larmes en replongeant si violemment dans son monde, ce monde où j'ai grandi de force.

 

Il y a quelques temps j'ai demandé à ma mère de noter dès qu'elle se souvenait de ce qu'il disait, et peu à peu elle l'a fait . En la lisant j'ai constaté que je ne me souvenais pas de tout loin de là , et que d'autres choses oubliées m'étaient finalement familières.

 

J'ai raconté à des amis, ne sachant plus si je devais en rire ou en pleurer . J'ai ri, de bon coeur en délirant sur les situations, puis quelques heures plus tard je me suis sentie mal, si mal pour l'enfant que j'étais et qui devait survivre dans tout cela.

 

Je ne sais pas si les lignes qui suivront seront crédibles, mais elles sont vraies, d'ailleurs comment les inventer ?

Ces lignes sont en vrac ce qu'il a pu affirmer (une partie seulement, ma mère complètera un jour je suppose ), je les mets à l'affirmatif , mais elles seraient bien évidemment à mettre au conditionnel ou plutôt au "non existant" mais ce temps là n'existe pas, à mon grand regret il a existé.

 

Voici donc :

 

- Il a fait 10 ans de légion étrangère . Il a donc changé de nationalité et pris la nationalité monegasque , et a été reçu à la table du prince Rainier . Pour avoir cette nationalité il avait un studio à Monaco.

 

- A la légion il a été blessé et est resté deux ans sur un lit d'hôpital.

 

- Il a écrit pour Richard Clayderman, Dire Straits et Rondo Veneziano . Il faisait acheter du papier musique à ma mère et lui faisait poster ces partitions soi disant écrites à l'encre "invisible" au citron.

 

- Il pouvait s'il le voulait faire mettre de la drogue chez ma mère et la faire mettre en prison .

 

- Il pilotait un avion et allait chercher en Suisse des enfants enlevés à leur famille.

 

- Il était maire près de Bayonne et avait une entreprise là-bas, il recrutait aussi dans le Nord Pas de Calais

 

- Il avait repris une entreprise de frigorifiques sur Paris.

 

- Il avait un casier pour mettre ses affaires chez les gendarmes et faisait des rondes avec eux . Pendant ces rondes, il faisait veiller quelqu'un chez nous pour me garder la nuit .

Un jour les gendarmes sont venus le chercher en hélicoptère dans son jardin du campus et ses voisins n'en revenaient pas.

 

- Ma mère avait un petit carreau de cassé à son rétroviseur et il ne voulait pas qu'elle le répare car il disait que cela lui servait pour échanger des messages avec des gens, via des petits papiers mis dans l'espace formé par ce carreau cassé .

 

- Il ramenait des billets à ma mère et lui demandait l'équivalent en monnaie, pour payer des personnes qui lui donnaient des renseignements .

 

Voilà, je vous épargne ce qui concerne les différents emplois occupés.

 

J'ai mal, mal pour cette enfant que j'étais, plongée, noyée là-dedans.

J'ai peur, peur de l'entendre à nouveau, sa façon de parler me replonge sans aucun recul possible dans ce gouffre délirant .

 

Je suis fatiguée, certes j'ai survécu, certes je ne suis pas devenue folle, mais j'ai trop mal de tout ce gâchis et de la lutte pour s'en sortir.

 

Là d'où je viens, il y a cet homme que je vais revoir.


 

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Publié dans Mon agresseur

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Voleur d'images

Publié le par Opale

Parfois en thérapie, soudain on réalise des choses qui pourtant semblent tomber sous le sens, mais qui d'un coup viennent nous déchirer le coeur et nous faire boire la tasse.

Tu es en train de reprendre tout ton pouvoir dans ma tête, depuis que je me rends compte que le jour de la confrontation, tu en sauras plus que tout le monde, peut-être même plus que moi.

J'aurai beau raconter en détails ce que tu m'as fait, comme j'ai pu le faire avec ma psy ou des bénévoles de Sos Inceste...ils n'en sauront jamais autant que toi. 

Toi tu étais là, bien sûr ça tombe sous le sens et pourtant ce n'est que maintenant que cet élément m'arrive violemment en plein visage...pour ne pas dire en pleine gueule.

Tu étais là et tu sais tout, tu sais aussi ce que je n'ai pas pu déclarer aux flics et ce jour-là tu sauras, tu auras tout en tête, tu auras peut-être même des souvenirs plus précis que moi, toi dont le traumatisme n'a pas altéré la mémoire.

Nous serons sûrement 6 dans cette pièce, deux flics, deux avocats , toi et moi...et quelque part va se rejouer le secret, tu sais tout ce qu'ils ne savent pas, il y a encore ce lien entre nous, lien dont je ne veux plus mais qui s'amplifie en ce moment.

 

Je me rends compte surtout que tu es à jamais un voleur d'images. Quoi que je fasse, quoi que je dise, tu auras à jamais en ta mémoire les images de mon corps. Tu as tout vu et tout retenu forcément.

Quand on ne subit pas d'abus sexuels, on choisit les personnes qui garderont notre corps en mémoire. Toi tu l'as en mémoire et je ne l'ai pas choisi.

Ca fait une semaine que je réalise ce qui pourrait paraître une évidence, et que j'en crève de cette idée que tu vas garder ça en tête. J'aimerais aller dans ton cerveau et t'arracher toutes ces images, te les reprendre pour mieux les piétiner et les éloigner définitivement.

Je ne veux plus de ce lien avec toi, je ne veux pas de cette intimité "partagée" même si elle a été partagée de force et que ma raison me dit que bien sûr c'est toi et toi seul qui as agi.

 

Mais tu te souviens, tu as ces images en mémoire et mon corps d'adolescente gravé dans ton cerveau, je trouve ça insupportablement violent.

On est deux dans ma tête en ce moment et c'est un de trop, il va falloir que tu t'en ailles, il va falloir que je réussisse à me débarasser de toi, de tes gestes et de tes mots, même si tu vas les conserver à jamais dans ta mémoire de sale pervers.

 

Je ne veux pas la prison pour toi, encore moins la peine de mort. Je veux juste qu'on te retire cette partie de ton cerveau qui contient ces images, qui m'enferme dans ta tête.

C'est impossible je le sais et pour l'instant ça me refait plonger dans ton emprise, dans ce pouvoir que tu as sur tout le monde, toi qui sais tout de chaque centimètre carré de ma peau, toi qui en sauras toujours plus que ceux à qui j'ai tout raconté.

 

Mon voleur d'images je rêve que tu crèves après cette confrontation, que plus jamais ton esprit ne puisse se souvenir et se réjouir de tout ce que tu m'as fait...

 

Je suis fatiguée, épuisée, mais ça ce n'est pas à toi que je le dirai, je ne veux pas craquer devant toi, je ne veux pas que tu aies le plaisir de voir comme tu as bousillé ma vie.

 

Voleur d'images je te hais...autant que je te crains.

 

 

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Lui

Publié le par Opale

 

Lui. Depuis que je vous parle de cette plainte, il faut bien vous le présenter.

Lui, c’est un grand point d’interrogation à lui tout seul. Je ne sais rien de lui, quasi rien de certain en tout cas.

Un extra-terrestre, un parasite..Il y a encore peu dans ma tête c’était un « homme bionique » , je ne pouvais pas imaginer qu’il soit totalement humain, normal, mortel. Ca paraît fou , je sais, mais lui aussi paraît fou et l’est peut-être bien d’ailleurs.

 

Il est entré dans ma vie quand suite à la mort de mon père ma mère a mis une petite annonce, elle a rencontré notamment un homme dont « lui » était le voisin de jardin, dans des jardins ouvriers.

Paraît-il qu’il  avait l’air gentil, qu’il me faisait rire, ah et puis aussi il pouvait garder le chien la nuit tout en me gardant moi, ça c’est de l’argument, donc hop à la maison , devenant donc théoriquement mon beau-père.

 

Il est arrivé les mains dans les poches ou quasiment, avec sa gabardine kaki et son appareil à rouler les clopes.

Il avait disait-il une entreprise à Bayonne, d’ailleurs s’il ne donnait pas d’argent à ma mère, c’est parce que là-bas, quand on déménagerait elle n’aurait plus rien à payer évidemment. Evidemment.

Est-ce bien utile de préciser que nous n’avons jamais déménagé et que les 20 ans qu’il a passés avec elle, il les a passés à ses crochets.

 

Il avait fait disait-il 10 ans dans la légion étrangère , fêtant « dignement » Camerone , fête de la légion, chaque 30 avril en étant ivre mort. Certes, il était ivre mort beaucoup plus souvent qu’une fois par an.

10 ans de légion étrangère donc, une rupture avec les parents, une fiancée paraît-il décédée à 16 ans.

Où vivait-il , excellente question à laquelle je ne sais pas répondre. Dans sa cabane de jardin ou ailleurs, je ne sais pas.

 

A la maison il continuait à vivre en moitié SDF, vêtements, hygiène, il fallait se battre pour qu’il daigne se changer.

J’ai passé 17 ans sous le même toit que lui sans JAMAIS le voir aller prendre une douche, ni rester plus de 5 minutes dans la salle de bains, je ne sais absolument pas quand ni comment il se lavait .

 

Ancien légionnaire donc, ayant soi disant une entreprise dans le Sud , que pourrait-on ajouter au tableau ?

La musique bien sûr. Bien sûr. Il écrivait , il composait pour…Richard Clayderman, Dire Straits et Rondo Veneziano…oui oui c’est ça vous lisez bien. Il faisait d’ailleurs acheter du papier à musique à ma mère, composant la nuit à l’encre « invisible » .

Faut croire que c’est pour ça qu’il connaissait tout par cœur !

 

En 20 ans, jamais un seul courrier n’est arrivé chez nous pour lui, ni des impôts ni de quoique ce soit, rien, jamais .

Jamais l’on a vu sa carte d’identité, ses papiers. La seule chose que ma mère a réussi à voir une fois c’est un certificat de naissance. C’est bien connu tout le monde se ballade avec un certificat de naissance en guise de papier d’identité.

Aucun contact avec la famille, pas d’amis, aucune vie sociale réelle.

 

Je l’ai entendu petite parler au téléphone le soir ou la nuit, mais à qui, je ne sais pas . Paraît-il qu’il connaissait les flics, qu’il les renseignait même.

La nuit parfois il partait , c’est ce qu’il disait, demandant à je ne sais qui de me garder à sa place.

 

Des années passées ainsi à ne rien faire, à partir à pieds à des kilomètres, à vivre aux crochets de ma mère, à boire encore et encore pour nous terrorriser, à dormir par terre quand le lit a cassé .

Des années sans jamais voir le moindre médecin malgré les fois où il ne pouvait plus s’asseoir , ou malgré des chiques énormes. Il attendait que la douleur passe, se « soignant » les diarrhées au pastis ! Des coupures profondes sous des pansements dégueulasses qu’il ne changeait pas, et tout ça sans jamais rien attraper , comme quoi la mauvaise herbe..

 

Un article ne peut pas suffire à le décrire, parfois je me dis que si j’en faisais un livre on ne me croirait pas .

L’ancien légionnaire qui se mettait ce qu’il trouvait s’est quand même fait « prendre » avec une culotte à fleurs sur les fesses ! Peace and love le légionnaire.

 

Je ne sais pas ce qu’il est, je ne sais pas qui il est. J’ai son nom, celui de ses parents, qui le jour où ma mère les a fait contacter secrètement par une tante ont répondu « ce n’est pas notre fils c’est notre neveu » , et pourtant bordel c’est écrit noir sur blanc sur le certificat de naissance que ces gens sont ses parents. J’ai trouvé sa sœur sur facebook qui n’a pas de nouvelles depuis plus de 25 ans.

 

Le légionnaire à la culotte à fleurs qui écrit pour Richard Clayderman, ça pourrait être drôle. Ca pourrait si ce mystère et cette folie ne faisaient pas peur. Ca pourrait s’il n’y avait pas eu quasi 20 ans de terreur, ça pourrait s’il n’avait pas abusé de moi jour après jour pendant 7 ans, lui qui n’avait aucune relation avec ma mère (car LUI refusait).

 

Non décidément un article ne suffit pas pour décrire cette maison de fous dans laquelle j’ai vécu et l’angoisse immense que renvoie cette impossibilité de savoir exactement ce qu’il a réellement fait de sa vie, avant, après, et même pendant qu’il était chez nous.

 

Ca pourrait être drôle oui…si je n’avais pas peur qu’il me tue.


 

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